Miam !

Dictionnaire des améliorés

Café et alcool.

Recueil en vrac et en cours des noms.

- Les entrées sans citations sont en attente de vérification et, dans le doute, ne doivent pas être prises en considération -
- Les phrases ou mots entre crochets [] sont ajoutés par nos soins -

Un article complet sortira peut-être un jour...

Bien entendu, une partie non négligeable des documents se trouvent en ligne grâce la BnF, soit directement sur, soit par l'intermédiaire de, l'indispensable Gallica

Avant toute chose, Lagoupille, le maître de la discipline :

Monsieur, c'est bien simple. J'arrive et je demande un café. Bon ! On me sert un verre de café, trois morceaux de sucre, une carafe d'eau et un carafon de cognac.
[...]
Bon ! Je bois la moitié de mon café et je comble le vide avec de l'eau, ça me fait un mazagran.
[...]
Dans mon mazagran, je mets de l'eau-de-vie, ça me fait un gloria.
[...]
Bon ! Je prends mon deuxième morceau de sucre et je le mets à fondre dans l'eau, ça me fait un verre d'eau sucrée. Dans mon verre d'eau sucrée, je reverse du cognac, ça me fait un grog. Mon grog bu, je m'appuie un peu de cognac pur : ça me fait une fine champagne.
[...]
Enfin, sur mon dernier bout de sucre, je verse le restant de mon carafon, j'y mets le feu, ça me fait un punch. Total : un café, un mazagran, un gloria, un verre d'eau sucrée, un grog, une fine et un brulot. Total : sept consommations.

Un client sérieux de Georges Courteline
Flammarion 1897.

Vieilles photos de présentation de cafés

de gauche à droite : Lait et café (café au lait), café viennois, café irlandais, un ibrik et une demi-tasse.

The Chef Magazine, septembre 1965.
"How to serve coffee, liqueurs and petits fours"

A

Amélioré (un) : tout mélange café noir (sucré ou non) et alcool.

Anglaise : donnée pour synonyme de jambinet (voir ce mot). Les auteurs font-ils la confusion ? L'anglaise est-elle la bouteille d'absinthe et le jambinet au café-goutte ?

[...] l'anglaise ou le jambinet circule , c'est une bouteille que la bordée fait chercher par un gamin : elle est pleine d'absinthe pure ou de café additionné d'eau-de-vie dans cette proportion : un quart ou un cinquième de café pour trois quarts ou quatre cinquièmes de « goutte ».

Marchands de folie
Léon et Maurice Bonneff - 2e éd. - Rivière 1913.

Arrangé (un) : voir Amélioré.

Arrosé (un) : voir Amélioré.

Avec « un arrosé », je vas vous expliquer le coup...
On lui servit un grand verre de café bouillant et fortement aromatisé de marc de Bourgogne.

Le Petit Parisien, 08 juillet 1927
"L'Ingénue de Montmarte" de Paul Lagardère.

C'est ainsi qu'on voit des gens très honorables parler de milliers de francs en prenant un « arrosé » sur le zinc d'un bistro.

La croix, 19 janvier 1936
"Le visage des Halles".

[...] deux copains en compagnie desquels il venait de boire un « arrosé » au comptoir du « Bouquet de Grenelle » [...]

Jeunesse magazine n°5, 05 février 1939
"Le Bourgeois".

En normandie, un café coiffé est un café arrosé.

Les mots du vin et de l'ivresse
Martine Chatelain-Courtois - Belin 1984.

B

Bain de pied

Bayonnette : voir Jaquin.

Bistouille / Bistrouille / Bistoule : Nom issu du nord de la France. Certains y voient le fait de mélanger une deuxième fois (bis-touiller), mais on trouve aussi une autre explication qui veut que le préfixe bi ou bis en Picard appelle une notion d'irrégularité (L'intermédiaire des chercheurs et curieux, volume 1, 1864, p140.). Le nom bistrouille est donné comme un mélange de bistouille et de bistrot, mais une simple déformation peut tout autant l'expliquer.
c'est un café pris avec du genièvre (g'nieff) ou un autre alcool. De Bis et touiller, on mélange (touille) d'abord le café avec le sucre, puis on le mélange une deuxième fois avec l'alcool. On peut vider cul sec son verre de café brûlant, on peut déguster la moitié du café avant d'ajouter le genièvre et enfin, on peut vider sa tasse de café avant de faire une rincette en versant le genièvre sur le fond de marc de café. (réf : "Nous, Ouvriers" de Claire Feinstein et Gilles Perez).
Bistrouille désigne aussi du vin.

BISTOULE, s. f. Bagatelle.

Dictionnaire du patois de Lille
Pierre Legrand - 2e éd. - Lille, 1856.

Bistouille (de touiller, mêler) mélange sans mesure du café et de l'eau-de-vie, où l'alcool domine.

L'intermédiaire des chercheurs et curieux
volume 1, 1864, p140.

BISTOULE; CARABISTOULE, s. f. -Chose de peu de valeur, petits contes, mensonges.

Dictionnaire du patois de la Flandre française
Louis Vermesse - Douai, 1867.

Après le déjeuner, le père Tasteleau était allé prendre, à l'Ancre d'or, la bistouille, qui accompagnait réglementairement chacun de ses repas. La bistouille, sur l'origine de laquelle les auteurs ne sont pas bien d'accord, est un mélange, en proportions variables, de café, de sucre et d'eau-de-vie, mais dans lequel le sucre et le café ne figurent qu'à titre de comparses.

Musée des familles
1876.

Il y a d'abord le Grand Jules Ferry ; il faut déguster cela ; c'est du patois de barrière ; vous m'entendez. On y parle de « bistrouille, » on y dit : « Ah ! Zut alors ! » et le fond est de nature à orner le cœur, comme la forme est de nature à orner l'esprit.

Le Mémorial des Vosges, 07 octobre 1877
"Rions un peu"

Bistrouille ou pistrouille, s. f. - Mauvais vin troublé, liquide impur : c'est de la « bistrouille ».
Etym. : bistrouble, deux fois trouble, ou bien bistre, couleur noirâtre avec le péjoratif ouille.

Vocabulaire étymologique des provincialismes usités dans le département du Doubs
Beauquier - Mémoires de la société d'émulation du Doubs - 5e série 4e vol., 1879

Rinxent. - Le nommé Hubert Leclair garde-barrière à l'usine a été trouvé mort hier matin par son beau-frère.
Les esprits surexcités par l'affaire des agents de Marquise, attribuait déjà cette mort à un crime.
Mais le docteur Gruson attribue bien cette mort à une congestion cérébrale résultant de l'action du froid, sur un corps trop arrosé intérieurement d'injections alcoolique.
Encore le fameux gloria, Bistrouille enfin !
Au moment où je vous écris j'apprends que deux ouvriers de l'usine viennent de s'assommer à coups de barre de fer.
Nous ne sommes qu'au lundi, t[?] nous arrivons à la St.Eloi, qu'on fête fortement dans ce pays.
Que la déesse Bistrouille détourne les yeux de nous.

Le Petit Nord, 02 décembre 1880
"Chronique locale et régionale".

Ce spectacle est bizarre, mais on étouffe, c'est pourquoi l'on accueille toujours avec empressement la proposition que ne manque jamais de faire un ami : d'aller « bistouiller ». Bistouiller ne veut pas seulement dire, boire une demi-tasse ; dans la circonstance bistouiller signifie : aller prendre l'air, et puis passer un moment dans un des petits cabarets des environs.

Le Progrès de la Somme, 21 février 1884.
"Cayeux -sur-Mer. - La Saint-Blaize."

On désigne sous le nom de champoreau le café saturé de schnik, s'il vous plait : ça s'appelle aussi quelquefois : bistoule.

Le Petit Champenois, 1er mai 1886.

Le père Emonnot vendait toujours sa bistrouille aux mariniers [...]

Rosa la rose
Henri Bouchot - "Contes francs-comtois", Vernier-Arcelin, 1887.

bista, petit vin, café trop clair, à Lyon : bistrouille

Dictionnaire étymologique du patois Lyonnais
N. du Puitspelu - "Romania", Paris 1891.

Bistrouille ; origine de ce nom.
M.Laverdan a raison de dire que le mot de bistrouille est connu dans notre région, et je pourrais presque dire qu'il a goûté lui-même, si non à la bistrouille, tout au moins à la bistrouilette ; c'est-à-dire que l'on remplace l'eau-de-vie par le cognac, et lorsqu'on est en bonne compagnie, on y ajoute même la rincette, et souvent la rerincette ! On l'appelle aussi gloria, jacquin, petit pot. Dans la capitale on lui donne le nom de café ; c'est plus grandiose !
En Afrique, ou plutôt en Algérie, les troubades remplacent l'eau-de-vie par l'absinthe : c'est ce que l'on appelle le café au lard, c'est délicieux !!!
Avis aux amateurs de bistrouille, bistrouillette et de café au lard !

L'Écho du public, 27 octobre 1900
article de R. Rongé.

Bistrouille (Cra.), s. f. - Mélange d'eau-de-vie et de café.

Glossaire étymologique et historique des patois et des parlers de l'Anjou
Verrier & Onillon - tome 2 - Germain & G.Grassin, 1908.

Bistouille, mélange d'eau-de-vie et de café (Bruant, Dict., p. 173), forme commune à Saint-Pol (d'où bistouiller, boire au cabaret). On dit en Anjou, bistrouille, dont l'acception propre est mélange, surtout mauvais mélange (voy. embistrouiller)

Le langage parisien au XIXe siècle
L. Sainéan - Boccard, 1920.

Bistouille, s. f. - Mauvais vin, vin gâté. - Bauche : alcool, mauvais alcool, mélange de café et d'alcool.
Bistouille, s. f. - Mauvaise eau-de-vie. - P. dito, qui donne comme synonyme, en Picardie : champoreau.

Glossaire des patois et des parlers de l'Aunis et de la Saintonge
Geroges Musset - tome 1 - Masson Fils & Cie, 1929.

bistrouille désigne un vin plat, de mauvaise qualité (20e siècle) :
  La puissance du vin de Beaujolais, les premiers jours, l'assomma net : ce n'était pas débonnaire bistrouille à fonds baptismaux, ni tisane pour diseurs de messe gastralgiques.
    Gabriel Chevallier, Clochemerle

Les mots du vin et de l'ivresse
Martine Chatelain-Courtois - Belin, 1984.

Bistrouillette : bistrouille dont on remplace l'eau-de-vie par du cognac. voir à Bistrouille.

Bitlin : un café filtre mais en remplaçant l'eau par du calvados...

(Recette du « bitlin » : pour faire du café, préparez votre filtre et versez-y, en guise d'eau, du calvados bouillant).

Le Matin, 22 juillet 1924
"Le nord qui tue" d'André Armandy.

Bossu (petit) : à vérifier...

A Paris, un petit bossu est un café arrosé d'alcool.

Les mots du vin et de l'ivresse
Martine Chatelain-Courtois - Belin 1984.

Brûlot : c'est de l'eau-de-vie brûlée avec du sucre. Mais le café rentre bien souvent dans l'affaire... voir aussi Café brûlot.

Une bouteille de cognac est dans sa chambre ; on convient d'en faire un brulôt, et de se griser gaîement pour dormir ensuite jusqu'au soir. Déjà l'eau-de-vie est versée dans un bol profond ; l'on s'apprête à y mettre le feu, mais Jules soutient qu'un brulôt sans sucre ne vaudrait pas le diable, et il va, pour en découvrir, fureter toute la maison.

Contes et nouvelles d'un prisonnier à ses enfants
Eugéne de Pradel - Hocquart et Daubrée, 1825.

(18030. 26 décembre 1853.)
Brûle-sucre ou gril-brûlot.

Catalogue des brevets d'invention, 1854.

Mélange de sucre et d'eau-de-vie brûlée.
« Au café, c'est avec bonheur qu'ils cassent les tasses où ils allument leur brûlot quotidien. » R. de la Barre.
« Puis vint le brûlot. Chacun sait que c'est de l'eau-de-vie au café. » Phys. du matelot , 1843.

Les excentricités du langage français
Larchey - 2e éd - 1861.

[...] Il y a un mot populaire dans nos provinces du centre, qui se rapprocherait davantage de l'expression de flap dragon, c'est le mot brûlot par lequel on désigne le morceau de sucre imprégné d'eau-de-vie qu'on fait fondre en l'enflammant, au-dessus du café. Brûlot serait la vraie traduction de flap dragon, mais comme ce mot est, croyons-nous, tout local, nous avons dû nous en tenir à celui de canard.

Oeuvres complètes de Shakespeare
traduites par Émile Montégut - tome 2 - Hachette 1867.

[...] a offert un agréable petit brûlot de café à trois couleurs et à trois étages, régal fort à la mode en Normandie à cette époque [...]
[...] superposant les trois tasses de porcelaine épaisse destinées à recevoir le café et l'eau-de-vie sur la soucoupe où s'épanchera le rhum, plaçant ensuite sous cette soucoupe l'assiette de terre de pipe dans laquelle se déversera le kirsch, apportant succesivement le café presque bouillant, les trois mesures dites demoiselles (1) contenant l'eau-de-vie, le rhum et le kirsch, les morceaux de sucre et les grilles de métal à deux branches destinées à les maintenir au-dessus des tasses et à les faire griller par la flamme bleue des trois liqueurs [...]
[...] leurs trois brûlots panachés [...]

(1) On appelle demoiselle, en Normandie, un petit flacon de verre contenant environ la valeur de quatre ou cinq petits verres.

La Petite presse, 22 juin 1875
"Robin des Bois".

Breulo (breu-lô) s. m. Eau-de-vie mélangée de sucre que l'on fait brûler dans la soucoupe de la tasse à café (fam. brulot.)

Essai sur un patois vosgien
Haillant - Épinal, 1886.

Brûlot (café) / coffee diable / cafe diablo / Café Brûlot Diabolique / devil's coffee : spécialité de la Nouvelle-Orléans, on met des épices et des agrumes dans du curaçao et du cognac, on chauffe et fait flamber. On verse le café à ce moment-là. voir aussi Brûlot.

Pour fêter M. Taft

(dépêche de notre correspondant particulier)
Londres. 12 février.
C'est toujours d'Amérique que viennent les nouvelles les plus extraordinaires et les plus amusantes. Les Mark Twain y sont toujours anonymes. Le dernier exemple de l'humour américain nous arrive de New-Orléans, où le nouveau président des Etats-Unis, M. Taft, vient de débarquer. Cette cité, jalouse de certain banquet offert à M. Taft par la ville d'Atlanta, et dans le menu duquel figuraient des escalopes de rable d'opposum, a juré de battre le record des menus fantastiques.
Parmi les plats que le président devra avaler avec courage et sérénité, il se trouve des escalopes de crocodiles et (ô horreur !) du paté de crotale, mais l'invention la plus remarquable qui fera frémir les amateurs de café, c'est le « café-brulôt [sic] ».
Voici en quoi cela consistera : A la fin du banquet, de mille couverts, les lumières seront brusquement éteintes et, dans l'obscurité, on préparera, dans mille bols d'argent, du mélange de café aromatisé de caramel et de muscade. On y ajoutera de l'alcool et l'on mettra le feu au tout. Des nègres serviront ce breuvage en chantant des chansons créoles.
Le but des organisateurs est de laisser au président un souvenir ineffaçable de ce banquet. Il sera sans doute atteint!...

La Petite République, 13 février 1909.

Cafe Diablo
Women are not as much interested in food these days as men. And the reason of this is obvious, for women always have pet rules of foregoing certain dishes whether they are too stout or they are too thin.
Men have no qualms in the matter. American polo players are particuraly outspoken and frank in their choice of foods and how they wish them cooked. The speciality of George Moore and Averill Harriman, for example, is Cafe Diablo. It is one of the most insidious and most delightful beverages in the world. It is also a bit dangerous.
The groud coffee is measured according to rule, a tablespoon to a cup of water. This is prepared in a chafing dish. Cloves, cinnamon, nutmeg, allspice and sugar are added to suit the taste. When the coffee has reached the boiling point for the third time, lift form the flame, pour in a generous amount of rum, set fire to it and burn off.

The Paris Times, 11 octobre 1929.

The diner : le buffet russe, le consommé Bellevue, la truite de rivière Tout-Paris, le suprême de Pintade et le Jambon de Virginie Sous Cloche, Sauce Périgord, la Tomate farcie Duxelle, les Pommes douces Duchesse, la salade verte de saison, le plateau de fromages assortis, les crêpes Suzette, le café Diable.

L'Avenir normand, 08 juillet 1947
"Merveilleuse et sordide Amérique - Les travailleurs franciscains de l'alimentation" de René Girard.

'Devil Coffee' Explosion Scatters Detroit Diners
Detroit, Jan.18 (A.P.) - At least six persons were injured, some seriously, when a punchbowl of "cafe diablo" "devil's coffee", exploded as lighted brandy was being poured into it at a trade union dinner here last night.
"Cafe diablo" is made by heating coffee over an alcohol flame and then pouring brandy into it. As the brandy is poured, it is ceremoniously lighted with a taper.
The dinner broke up in panic as shattered glass and flaming liquid sprayed guests twenty-five feet away.

Herald Tribune - European Edition, 19 janvier 1950.

C

Cachoir/Cachoire (coup de) : Dernier verre sûrement sans café... La cachoire est, du côté du Nord ou du Boulonnais, le fouet de charretier (in Le patois boulonnais comparé avec les patois du Nord de la France de M. le chanoine D. Haigneré - Deligny 1903).

cachoire (coup de), dernier verre de liqueur qu'on offre à ses convives au moment où ils partent.
[...] sous le nom de goutte, petit-verre, rincette, rinçurette, coup-d'adieu, coup-de-bout, coup-de-cachoir, coup-d'à-cheval, coup-d'étrier, etc.

Dictionnaire du patois du pays de Bray
Abbé Decorde - Paris 1852.

« café » : le simple euphémisme pour faire croire à sa sobriété.

Le « café » : pour 35 centimes on a trois « pierres » de sucre, une tasse de café de 8 à 10 centilitres d'eau de-vie « supérieure ».

Le Péril alcoolique - L'alcoolisme chez les alinénés
J.Toy - Bulletin de la société d'anthropologie de Lyon, tome 18, 1899.

[...] il a soin de ne pas oublier le « café » composé dans la proportion d'un litre de café sucré pour un demi-litre de calvados.

Contribution à l'étude de l'alcoolisme en Normandie
Paul Leroy - Hérissey 1902.

Café-calva / café calvados : comme son nom l'indique. On peut soit verser le calva dans le café, soit attendre d'avoir bu le café pour "rincer" la tasse au calva. On peut également boire alternativement une gorgée de chaque et mélanger "en bouche".

- Alors tu commences à comprendre... Ça va, fiston... c'est très bien... je te permets de m'offrir le café Calvados...

Le Journal
feuilleton "Les mystères de la Tour-Pointue" - 1er octobre 1900.

Le misérable s'installa à une petite table, près du foyer, et commanda un café calvados.

L'Ouest-Éclair, 28 octobre 1924
"Le crime de Saint-Omer aux assises du Calvados"

[...] on se met d'accord devant un « café calva ».

L'Ouest-Éclair, 02 octobre 1927
"La foire de la Saint-Michel"

Café-marc : cf Cordial.

Caffé corretto : nom italien (café corrigé), café à la grappa ou au cognac.

carabiné (café)

VENDEUIL. -De notre correspondant :
[...]
Le 3 de ce mois, vers midi, la nommée O... P..., qui était prise de boisson, avait étendu de la paille dans sa maison. S'étant assise, elle mit sous elle un vase appelé couvet rempli de braises ; un instant après, la paille pris feu et alluma ses vêtements. Aussitôt elle se mit à crier : Au feu ! A ces cris, les voisins accoururent et éteignirent le feu ; mais cette malheureuse femme était déjà brûlée jusqu'à la hauteur des reins.
Elle a été transportée à l'hospice de Vendeuil où on espère sa guérison.
Que nos buveuses de café carabiné méditent l'exemple !

Journal de la ville de Saint-Quentin, 06 mars 1894.

[...] dans le pays, ce qu'on appelle un bon café, un « café sellé et bridé », un café « carabiné » se compose d'une tasse ordinaire de café à laquelle on a ajouté un setier d'eau-de-vie (20 centilitres).

Le Péril alcoolique - L'alcoolisme chez les alinénés
J.Toy - Bulletin de la société d'anthropologie de Lyon, tome 18 1899.

Champoreau : café avec du rhum, du kirsch, de l'absinthe, de l'eau-de-vie.. et même à l'ail ou simplement à l'eau ! Le nom vient probablement de l'espagnol et non de celui de son inventeur présumé. Il désigne plus généralement un mélange (voir citations infra)

Da wurde "champoreau" (kaffee mit rum) genommen [...]

Ein ausflug nach afrika
Max Maria Freiherr von Weber - "Unterhaltung am häuslichen herd", 1854.

Je parierais ma faction en paradis contre un champoreau qu'il vient, de bâcler une spéculation honnête.

Les Zouaves
Félix Yvert - Garnier Frères 1855.

Le cuisinier s'est montré de nouveau apportant le champoreau, mélange de café, liqueurs, sucre et autres choses encore.

Lettre d'un zouave à sa famille.lettre datée du 05 février 1856 - "Le Moniteur des armées", 1856.

- Un simple champoreau au vin 1, avant de sortir de la ville, afin de nous donner les forces nécessaires pour arriver avant dix heures à Mustapha.

1 Boisson chaude fort en usage en Afrique et bien préférable à tous les spiritueux. Il y a des champoreaux au vin et des champoreaux au café.
[ajout éd. de 1871] Depuis la première apparition des trente-deux duels de Jean Gigon, des anciens d'Afrique sont venus m'affirmer que le nom de Champoreau était celui d'un vieux maréchal des logis de chasseurs qui avait inventé la boisson en question.
Je crois plutôt que ce nom de Champoreau est tiré du mot champorao fort usité à la Nouvelle-Orléans où, depuis très-longtemps, il sert à désigner une boisson composée de toutes sortes de liqueurs, depuis l'absinthe jusqu'au curaçao.
C'est un affreux mélange que tout le monde s'accorde à trouver très réconfortant.

Les trente-deux duels de Jean Gigon
Antoine Gandon - Bourdilliat et Cie 1860 et 1871.

- Champoreau ! Qu'est-ce que cela ?
- Un mélange de café et d'eau-de-vie, de lait et de sucre, ça nettoie l'estomac, buvez de confiance !

Les femmes et les moeurs de l'Algérie
Benjamin Gastineau - Lévy 1861.

Mêlé à l'eau, le café est une boisson très répandue, c'est le champoreau.

Hygiène de l'Algérie
Marit - Baillière et fils 1862.

Sais-tu seulement ce que c'est qu'un champoreau, ô raffiné ? C'est un nectar que ceux qui auront été bien sages ici-bas boiront en paradis (tu peux compter que tu n'en goûteras pas) ; c'est, en un mot, une absinthe au café !

La vie parisienne
Marcelin (s.l.d.) - 1864.

Dans les entr'actes, le garçon marchand de vin distribuait silencieusement à la ronde quelques consommations économiques, et en général assez saines ; le plus souvent une bouteille de vin, que la pratique versait dans un saladier, pour en relever le goût avec du sucre et du citron : le champoreau élémentaire.

L'Europe artiste, 26 février 1865
Causerie de Paul Duverger.

Le champoreau à l'ail, pour y revenir, est composé d'une rinçure de tasses à café, servie dans un verre, et abondamment pourvue d'un esprit tiré des oignons d'asphodèles. Le goût et l'odeur en sont abominables

Figaro, 25 mai 1865
En Alger d'Ernest d'Hervilly.

Pour mûrir mon plan, je m'attablai en face d'un champoreau.
Le champoreau est l'inverse du gloria.
Le gloria se compose de café, de sucre, et d'eau-de-vie.
Le champoreau se compose d'eau-de-vie, de sucre et de café.
On affirme que ces deux mélanges n'ont pas le même goût.
C'est peut-être vrai.

Revue du Lyonnais
tome 30 - Vingtrinier, 1865.

Nous passons à la Maison-Carrée, ancien fortin turc transformé en pénitencier pour les indigènes rebelles. La diligence s'arrête devant l'auberge du Roulage. Le conducteur demande un champoreau, mélange de café noir, d'eau-de-vie et de sucre, que l'ouvrier de Paris appelle un gloria.

La Kabylie et les kabyles
J. Vilbort - Revue française n°63, 1866

Champoreau s. m. Café à la mode arabe, concassé et fait à froid, — dans l'argot des faubouriens qui ont été troupiers en Afrique. Pour beaucoup aussi, c'est du café chaud avec du rhum ou de l'absinthe.

Dictionnaire de la langue verte
Delvaux - 2e éd. - Dentu 1866.

Champoreau s. m. (chan-po-rô - de champeraô, boisson qu'on fabrique à New-York, et qui est composée de toutes sortes de liqueurs, depuis l'absinthe jusqu'au curaçao). Boisson chaude, fort en usage chez les Européens en Afrique : Champoreau au vin. Champoreau au café. || Nom que le peuple parisien donne au café préparé à froid, avec des grains simplement concassés.

Grand dictionnaire universel du XIXe siècle
Pierre Larousse - tome 3 - Larousse et Boyer 1867.

- Qu'est-ce que c'est que ça, un champoreau ?
- C'est du café avec une goutte d'eau-de-vie ; on en distribue aux halles le matin.

Le drame des carrières d'Amérique
Angelo de Sorr - Sartorius 1868.

Avant de terminer cette notice, je te parlerai d'un breuvage maintenant très-usité en Algérie. J'avais vu dans les rues d'Alger une enseigne portant ces mots : Café Champoreau ; il s'agissait là d'un café français. Ma première pensée fut qu'un nommé Champoreau était propriétaire de ce café; un peu plus loin je vis la même enseigne et je crus que c'étaient deux frères Champoreau qui avaient établi des cafés à Alger; une troisième enseigne, enfin, toute semblable, me fit croire que la famille Champoreau avait la spécialité des cafés à Alger. Me trouvant un jour avec M. Roi, inspecteur de la colonisation, avec lequel j'avais rendez-vous pour aller à l'Harbak, mon cicerone me demanda si je voulais prendre un champoreau ; sur ma réponse que je ne savais pas ce que c'était, il me dit :
« Eh bien, vous allez faire connaissance avec ce breuvage qui est agréable et bienfaisant ; voici ce en quoi il consiste : on verse de l'eau bouillante dans un verre, on y met du sucre, du café et du rhum ou de l'eau-de-vie, ou du kirsch à volonté. Ce mélange offre une boisson excellente au goût et à la santé. Les proportions sont au goût du consommateur, comme cela se pratique pour les grogs que l'on sert dans nos cafés. »

Études sur l'Algérie en 1855
Étienne Bailly - Malteste et Cie 1868.

Boisson très-goûtée en Algérie. - Tous les cabarets portent sur leur enseigne ce nom, qui est celui de l'inventeur. Le champoreau se fait en ajoutant une liqueur quelconque à du café au lait très-étendue d'eau ; il y a le champoreau au rhum, le champoreau au kirsch, etc. - « On y boit des champoreaux (du lait, du café et du rhum), ce qui n'est pas mauvais. » (Commentaires de Loriot.)

Le dictionnaire de l'argot parisien
Larchey - 6e éd. - F.Polo 1872.

Champoreau : selon les uns, d'un lieutenant nommé Champoreau, qui, pour pouvoir payer ses dettes, prenait du café à prix réduit ;selon d'autres, d'un médecin militaire du même nom, qui, voyant ses soldats fatigués et abattus, eut l'ingénieuse idée de leur faire distribuer la mixtion ci-dessus [?], qui fit merveille. Il est bien à regretter pour les étymologistes qui ont mis en avant ces édifiantes histoires que les noms de ces deux braves n'aient jamais figuré dans les anuaires militaires des époques où ils les ont fait vivre. Le mot de Champoreau est venu en France par l'Algérie en même temps que la boisson qu'il désigne, et l'Algérie elle-même avait reçu les deux choses de l'Espagne par les nombreux débitants de ce pays qui sont venus s'y établir dès les premièes années de la conquête. Ciamporao est à Séville et à Cadix le nom du mélange en question.

Dictionnaire étymologique et explicatif de la langue française
Charles Toubin - Leroux, 1886.

Sans doute ses connaissances pharmaceutiques n'étaient pas très complètes, car pour lui le champoreau-mélange de café et de vin était la panacée universelle.

Le Radical, 21 juin 1894
"Pauvres Petites" de Jules Lermina.

Champoreau [langage familier] s.m. || 1. Mélange de toute sortes de liqueurs. || 2. Mélange de café au lait et de rhum. || 3. Café préparé à froid avec des grains simplement concassés. De l'esp. ciamporao, qui désigne ce mélange.

Dictionnaire Argot-Français & Français-Argot
Georges Delesalle - Ollendorff 1896.

Champoreau, en Afrique, sorte de café concassé et fait à froid ; en France, dans les casernes, café froid ou chaud (Merlin). C'est un mélange de liqueurs, ou de café au lait et de rhum, dérivant de l'espagnol champorro2, mélange (champurrar, altérer par mélange, frelater des eaux-de-vie) : « Le temps d'aller se gargariser avec un champoreau ou un petit sou, dont un calvados impétueux ranimait les vertus équivoques », Descaves, Sous-Offs, p. 31.
2. On a inventé un docteur portant ce nom : « Un bienfaiteur de l'humanité, le docteur Champoreau, a inventé le breuvage qui porte son nom », Sarrepont, p. 153.

Le langage parisien au XIXe siècle
L. Sainéan - Boccard 1920.

Champoreaux

Mais, à la guerre, en expédition, le troupier ne rencontre pas toujours sur sa route des caboulots où l'on donne à manger et à boire. Alors, comment faire ? Un bienfaiteur de l'humanité, le docteur Champoreaux a résolu le problème en inventant le breuvage qui porte son nom. C'est du café, mais additionné de lime-juice, ou jus de citron, et d'une pointe de cognac.

le champoreaux

I
Champoreaux, dans mon verre
Que j'aime à te voir !
Que j'aime le mystère
De ton beau lac noir !
De tous les gens de guerre
Tu guéris la misère,
Ton feu les régènère
Du matin au soir.
La la la la la
La la la la la !

Chanson du Champoreaux

II
Salut, noble breuvage
Réchauffant mon coeur,
Du soldat en voyage
Soutenant l'ardeur !...
Et quand le feu s'engage,
Que l'ennemi fait rage,
Tu doubles mon courage
Et je suis vainqueur.
La la la la la
La la la la la !

Ultérieurement, un autre bienfaiteur de l'humanité a inventé la Turlutine, dite aussi Femelle du Champoreaux. C'est tout simplement une soupe trempée au café noir.

Chants et chansons militaires de la France
Eugène Hennebert (sous le pseudonyme 'Major H. de Sarrepont') - Librairie illustrée 1887.

Chasse-rinçonnette

Insolent ! Ou celui d'une journée au cabaret ! Le café, le pousse-café, la rincette, la pousse-rincette, la rinçonnette et la chasse-rinçonnette. Ce fils d'Esculape !

Ours et fours
Émile Bergerat - Dentu 1886.

Coiffé (café)

Mon habitude, vous le savez, docteur, est de boire une bouteille de Bordeaux et de prendre un café coiffé à mon déjeuner ; est-il utile de changer de régime ?

Le Phare de la Rochelle, 25 décembre 1847
"Revue rochelaise - La grippe" d'Y.

Quel bonheur, en effet, d'occuper de son nom, de sa fortune, de son caractère, cinq ou six cerveaux en ébullition, qu'excitent encore cinq ou six tasses de café coiffé d'eau-de-vie, et que rassemble un estaminet de province, au papier militaire et décoloré, au mobilier frotté d'huile rance, au carreau couvert d'un sable nauséabond !

Revue contemporaine - tome 12 - février et mars 1854
"Werner" d'Adelphe Nouville.

Mais voici l'heure d'aller prendre le café sous la tente, café coiffé, qu'on coiffe et recoiffe jusqu'au moment où, la joue allumée, garçons et filles, les vieux comme les jeunes, se précipitent à la parade, vont voir les baladins. C'est la Sainte-Anne !

Le XIXe siècle, 09 août 1896
"Foire normande" de Charles Frémine.

En normandie, un café coiffé est un café arrosé.

Les mots du vin et de l'ivresse
Martine Chatelain-Courtois - Belin 1984.

Colonial (café)

Le café colonial est un café arrosé (fin des années 1930).

Les mots du vin et de l'ivresse
Martine Chatelain-Courtois - Belin 1984.

Consolation (la) : café consolé, voir à café consolé.

Les affaires se traitent au cabaret où l'on prend le gloria, le pousse-café, la rincette, la surrincette, la consolation, etc., etc.

Contribution à l'étude de l'alcoolisme en Normandie
Paul Leroy - Hérissey 1902.

Consolé (café ou jus) : café qui a été consolé. Voir à Consoler.

Alors, ils prennent « un bon coup de café bien consolé ».

De l'alcoolisme dans la Seine-Inférieure
Tourdot - Bulletin de la société française de tempérance 1887.

Les cafés au contraire, regorgent de clients. Le petit sou, le coup de tout ensemble, le jus consolé, font circuler les verseuses de métal ou de faïence [...]

Sur les routes normandes
Edmond Spalikowski - Maugard 1933.

Consoler son café : y mettre de l'eau-de-vie.

Mettre de l'eau-de-vie dedans. Habitude normande, très-parisienne.

Dictionnaire de la langue verte
Delvaux - 2e éd. - Dentu 1866.

Consoler (popular), son café, to add brandy to one's coffee.

Argot and Slang
Barrère - London 1887.

Cordial : au marc de Bourgogne.

Coup-d'à-cheval : synonyme de coup de l'étrier. Avec la même question sur la présence de café...

coup-d'a-cheval, verre d'eau-de-vie qu'on prend au moment de monter à cheval.

Dictionnaire du patois du pays de Bray
Abbé Decorde - Paris 1852.

Coup-d'adieu

Coup-de-bout

Coup-d'étrier / Coup de l'étrier (prendre le) : Jambinet (voir à ce mot) pris à la fin d'une "orgie". Ce "coup" désigne, en général, le dernier verre avant de partir, quel qu'il soit. Il n'est donc pas nécessairement accompagné d'un café... remettant en cause également le jambinet...

[...] sous le nom de goutte, petit-verre, rincette, rinçurette, coup-d'adieu, coup-de-bout, coup-de-cachoir, coup-d'à-cheval, coup-d'étrier, etc.

Dictionnaire du patois du pays de Bray
Abbé Decorde - Paris 1852.

Je viens savoir si, avant de vous remettre en route, vous ne désirez pas prendre le coup de l'étrier ?

Les Boucaniers
Paul Duplessis - Tome II - De Potter 1853

Le « jambinet », [...] marque pour beaucoup d'individus, le commencement et la fin d'une orgie (1).
[...]
1. Dans ce dernier cas, cela s'appelle prendre le coup de l'étrier.

De l'alcoolisme dans la Seine-Inférieure
Tourdot - Bulletin de la société française de tempérance 1887.

coup de tout ensemble (le) : nom possiblement normand, café et goutte/calva chauffés ensemble.

Les ouvriers exploitent honteusement leur faiblesse de résistance et leur timidité : « Allons, l'gosse, va nous chercher de la goutte ou un coup de tout-ensemble. Et c'est là, le bon exemple que l'on donne aux pauvres apprentis ! »

L'Angelus, 1907 (mois inconnu)
"Travail et étude - Aux Apprentis" d'A.M.

[sans] compter le coup de tout ensemble, c'est-à-dire le café mêlé au caldavos [...]

Le Radical, 13 août 1926
"Moissons et main-d'oeuvre" par Edmond Spalikowski.

C'est la casserole qui sert pour le coup de tout ensemble. C'est-à-dire quand la goutte et le café chauffent de compagnie.

Rouen gazette, 15 décembre 1934
"Une nuit de Noël" par Maurice Louvrier.

Coupe-gueule

[...] suivi du café, pousse-café, rincette, sur-rincette, coupe-gueule et tord-boyaux !

Les erreurs de la guillotine
Édouard Cadol - Paris 1886.

D

Demi café

Le « demi-café » ou « petit-café » comprenant deux « pierres » de sucre, un peu plus de café que le précédent, et toujours 5 centilitres d'eau-de-vie, se paye 25 centimes.

Le Péril alcoolique - L'alcoolisme chez les alinénés
J.Toy - Bulletin de la société d'anthropologie de Lyon, tome 18, 1899.

Deuil / Grand deuil : café avec eau-de-vie. Ne pas confondre avec le demi-deuil.

Grand deuil, café avec eau-de-vie
Demi-deuil, café sans eau-de-vie

Dictionnaire Argot-Français & Français-Argot
Georges Delesalle - Ollendorff 1896.

- Café additionné d'eau-de-vie. bistouille, Champoreau, Deuil ou Grand deuil (arg. des écoles).
« Avant de prendre la mer, les pêcheurs avalent une ou deux tasses de bistouille bien chaude. »

Dictionnaire Français=Argot
Aristide Bruant - Flammarion 1905.

E

Eau-de-visé (café)

Les débitants de « café eau-de-visé » ont en général trois tarifs de consommation en rapport avec la qualité, mais surtout avec la quantité d'alcool : 1° le « sou de café ». 2° le « demi café » ou petit café, 3° le « café ».

Le Péril alcoolique - L'alcoolisme chez les alinénés
J.Toy - Bulletin de la société d'anthropologie de Lyon, tome 18, 1899.

F

Féroce (café) : café dont l'eau est remplacé par de l'eau-de-vie... voir aussi Bitlin.

[...] ici ce n'est plus avec l'eau qu'on fait infuser le café mais avec l'eau-de-vie et on a le « café féroce ».

L'alcool, 01 février 1898
"Une Campagne dans un asile d'aliénes contre les habitudes alcooliques" par Déricq.

A la maison, cependant, la mère prépare le café « féroce ». Entendez par là un café dans la confection duquel l'eau est remplacée par du kirsch ou par cette infâme eau-de-vie, produit de la distillation des pommes de terre ou de la mélasse.

L'Éclair, 17 septembre 1912
"L'Alcool, tueur d'Enfants" d'Adrienne Cambry.

Fil en trois

Fil en trois. Eau-de-vie
De s'n'affoère oz est téjours sûr
Quand ch'est du fil en troués tout pur. (Le F. Pic. aux élect.)
[...]
] Rikiki. Eau-de-vie, liqueur. Syn. Fil en trois, sacré-chien.

Glossaire étymologique et comparatif du patois picard ancien et moderne
Corblet - Paris 1851

Rikiki (Segr.), s. m. - Liqueur, eau-de-vie. Syn. de Fil-en-trois, sacré-chien. [...] - V.Riquiqui

Glossaire étymologique et historique des patois et des parlers de l'Anjou
Verrier & Onillon - tome 2 - Germain & G.Grassin 1908.

Fil-fil / Filfil

J'entrai dans un cabaret et demandai un champoreaux. On me servit sous ce nom un triple mélange de sirop, de cognac et de café. [...] Quant au fil-fil, c'est la même composition, rehaussée de poivre rouge et de piment.

Journal de Seine-et-Marne, 02 février 1856
"Fantasias d'un roumi dans la province d'Alger" de Charles Desprez.

G

Gloria

Les plus anciens de l'équipage assurèrent qu'ils avoient eu de pareils accidens dont ils s'étoient guéris en exposant les parties malades, les uns à la vapeur du thé, les autres à celle du gloria (espèce d'infusion théiforme à laquelle on ajoute une quantité indéterminée d'eau-de-vie, de rum, ou de tafia.)

Extrait d'un Mémoire de Dupont, chirurgien en chef de l'armée de Sambre et Meuse.
Recueil périodique de la société de médecine de Paris - tome 2 - Paris, 1797.

Nous vidâmes encore quatre bouteilles de vin de Scapoly ; je fis faire ensuite une jate [sic] de gloria avec du jus de citron, de l'eau-de-vie et du sucre [...]

Voyage en Orient
M.A.B.D (Sérieys, Antoine) - Paris, 1801.

Quant aux eaux-de-vie [...] On en distribue aux matelots dans les temps brumeux, lorsqu'excédés de fatigue ils gagnent leurs hamacs ; la mestrance en fait son gloria, & l'état-major la mêle à son thé, à son infusion d'hysope ou de sauge, quand l'eau qui sert d'excipient n'est pas bien bonne.
[...]
La mestrance, qui partage les infortunes de l'équipage, pare l'humidité des vêtements, en avalant son gloria, sorte d'infusion de thé animée d'eau-de-vie, & en prenant une rechange ; mais le matelot qui ne peut jouir de cet avantage demande qu'on ait pour lui quelqu'attention.

Encyclopédie méthodique - Médecine
Tome 9 - Paris, 1816.

[...] vous arrivez à tems [sic] pour prendre avec moi une tasse de gloria.* C'est toujours par-là que je commence ma journée. [...]
* Boisson faite avec du thé et du rhum.

L'Hermite de la Guiane
Étienne de Jouy - Pillet, 1817.

GLORIA. s.m. Nom que les marins donnent au thé qu'ils prennent après y avoir mis de l'eau-de-vie, quoique sucré comme à l'ordinaire. - Ils appellent sangris le thé qu'ils prennent avec un mélange de vin.

Nouveau dictionnaire de la langue française
Laveaux - 2e éd. - Paris, 1828.

Au nom de Comus et des autres divinités présidant la table, rien que le sucre et l'eau-de-vie, si vous aimez le gloria ; [...]

Le Mercure de France au dix-neuvième siècle
"Tableaux de Paris. Les Cafés." - octobre 1831.

Le mélange du Café et de l'eau-de-vie ou du rhum, répudié par le bon ton, et auquel on a donné le nom trivial de gloria, ne peut convenir qu'à des palais blasés.

Monographie du Café.
Coubard d'Aulnay - Delaunay, 1832.

Gloria, sorte de liqueur qui se fait à la minute. L'amateur conserve du café dans sa tasse ; y fait fondre du sucre, et y ajoute de l'eau-de-vie ad gratam saporem.

Dictionnaire rouchi-français
Hécart - 3e éd. - Lemaitre, 1834.

Au café, on doit joindre de l'eau-de-vie et des liqueurs. Beaucoup de personnes mêlent de l'eau-de-vie au café et nomment ce mélange Gloria. Avant nos révolutions, ce mélange n'était point en usage, et je crois connaître la personne qui, qui la première, dans une exaltation de satisfaction, baptisa ainsi du nom pompeux de Gloria l'eau-de-vie jointe au café. Certes, ce personnage était loin d'être un gastronome, ni un gourmet sachant analyser et se rendre compte des nuances dans les sensations du goût. Ce baptême eut lieu un jour de grande solennité (fête de paroisse), qui avait été célébrée par une messe en musique et par un dîner. Au café, un musicien exaltait l'exécution du Gloria. L'amphytrion lui dit : Tais-toi ; voici du véritable Gloria, et il lui verse de l'eau-de-vie dans son café. Eh bien ! cela vaut-il ton Gloria ? Cette question et cette comparaison occupèrent vivement la gent joyeuse, et le nom de Gloria est resté au mélange. (Ce parrain, M. J..., était un riche amateur de jardins.) Les chanoines adoptèrent ce baptème, qui fut reçu par tout le monde.

Le Dîner suivi des règles du jeu de Piquet
Un gastronome lorrain - Dard 1842.

Le café du pêcheur normand consiste en n'importe quoi qui soit noir et liquide ; le goût ne fait rien à l'affaire. Voici comment on prend un café : on avale la moitié de la chose appelée café, puis on remplit sa tasse avec du tafia, de l'eau-de-vie ou du genièvre. Le genièvre est quelque chose qui a l'odeur de la thérébentine. Cela a été inventé pour nettoyer les meubles ; on a fini par en boire, et on en boit beaucoup. Ce premier mélange s'appelle gloria.

La Famille Alain
Alphonse Karr - tome 1 - Meline, Cans et Cie 1847.

Gloria s. m. Addition d'eau-de-vie à la demi-tasse de café. (Voy. Goutte et Rincette).

Glossaire du Centre de la France
Jaubert - vol.1 - Napoléon Chaix et Cie 1856.

Pour mûrir mon plan, je m'attablai en face d'un champoreau.
Le champoreau est l'inverse du gloria.
Le gloria se compose de café, de sucre, et d'eau-de-vie.
Le champoreau se compose d'eau-de-vie, de sucre et de café.
On affirme que ces deux mélanges n'ont pas le même goût.
C'est peut-être vrai.

Revue du Lyonnais
tome 30 - Vingtrinier, 1865.

Petit verre d'eau-de-vie ou de liqueur versé dans une tasse de café noir. Dans certains cafés, le gloria est une demi-demi-tasse.
« A la chaleur d'une demi-tasse de café bénie par un gloria quelconque. » - Balzac

Les excentricités du langage français
Lorédan Larchey - 2e éd - 1861.

Le gloria, ou café à l'eau dans lequel on met de l'eau-de-vie ou de l'eau de cerise, du rhum, etc., est encore plus stimulant que le café à l'eau [...]

Catéchisme d'hygiène populaire
J.-M.-A. Guillaume - Pillot 1865.

Gloria s. m. Tasse de café noir avec un petit verre d'eau-de-vie — dans l'argot des limonadiers, qui ont consacré cette expression sur les carreaux de leurs boutiques.

Dictionnaire de la langue verte
Delvaux - 2e éd. - Dentu 1866.

Petit verre d'eau-de-vie versé dans une demi-tasse. — De même que le gloria patri se dit à la fin des psaumes, ce gloria d'un autre genre est la fin obligée d'un régal populaire. « A la chaleur d'une demi-tasse de café bénie par un gloria quelconque. » (Balzac.) On appelle aussi gloria, une demi-tasse. — « Ne fût-ce qu'un absinthe ou un gloria. » (About.)

Le dictionnaire de l'argot parisien
Lorédan Larchey - 6e éd. - 1872.
N.B : La citation de Balzac provient des Illusions perdues - Un grand homme de province à Paris (1839) ; celle d'Edmond About de Trente et quarante (1859).

Gloria, mélange d'eau-de-vie et de café ; par abréviation pour gloria patri et filio, cri arraché sans doute à des chantres et sacristains par la reconnaissance envers l'auteur d'une liqueur qu'ils avaient tant de plaisir à déguster dans une libation qui terminait le repas, comme le gloria patri et filio termine la messe.

Dictionnaire étymologique et explicatif de la langue française
Charles Toubin - Leroux, 1886.

Gloria s.m. Eau-de-vie qu'on fait brûler dans le café.

Dictionnaire Argot-Français & Français-Argot
Georges Delesalle - Ollendorff 1896.

Gloria, liqueur chaude composée de café et d'eau-de-vie ou de rhum (mot nouveau qu'on lit dans Balzac : voy. Larchey). Cet emploi burlesque de l'hymne liturgique Gloria in excelsis se lit déjà dans une farce de l'Ancien Théâtre (t.I, p. 220) :
C'est droit gloria filia
Pour laver ses dents...

Le langage parisien au XIXe siècle
L. Sainéan - Boccard 1920.

Gloria gris : succède au Gloria. voir supra. Semble quasi uniquement dans les écrits de Karr...

- Un petit plat de matelotte, puis des lentilles à l'huile, le café, le pousse-café, le gloria, le gloria gris, la rincette et la surrincette ; ma note et un verre de tisane.

La Presse, 19 septembre 1837
"Feuilleton de la Presse. Courrier de la province" d'Alphonse Karr.

[...] je finis par demander à Ch. Brainne des renseignements sur les glorias normands : il me répond :
« En Normandie, un fermier rentre chez lui en cassant avec son corps les marches de l'escalier de bois qui conduit à sa chambre à coucher. Sa femme, scandalisée, lui reproche son ivrognerie ; mais lui répond avec le calme d'une conscience sobre :
- Peux-tu dire ?..... Je n'ai pris qu'un café !
Et c'est vrai, il n'a pris qu'un café, mais voici de quoi se compose un café dans mon pays :
Le café, avec petit verre ;
Le gloria ;
Le gloria gris ;
La rincette ;
La surrincette ;
La rincinette ;
La surrincinette.
Et quand on est arrivé là, chacun paye sa tournée, et on ne prend jamais un café à moins de douze. [...] »

Figaro, 03 mai 1857
"Un chapitre de mes mémoires" de Gustave Bourdin.

Gloria renforcé

Le repas fut arrêté au prix de 3 fr. 50 c. par convive, avec un litre de bon vin ordinaire par boussole (tête), et le fin moka avec le gloria renforcé !

Le chemin de l'épaulette
Auguste Lecomte - Dentu 1861.

Gobillon / Obillon

* Gobillon (ou obillon), n. m., chose accessoire ajoutée à une autre.
Quand dans un mic, par exemple, l'alcool a réduit le café à une quantité infinitésimale, on redemande un peu du noir breuvage, et c'est ce supplément que l'on appelle un petit gobillon.
= cf. angl. : gob. peu ; Coulabin : gobillon, petite quantité. En Normandie, on dit plutôt résucée, mot sentant l'argot. Roussey : rambur; Verrier : crêssion.

Le parler dolois
Lecomte - tome I - Champion 1910.

Goutte

H

I

Impérial : spécialité de Vienne (Kaisermelange), on bat un jaune d'oeuf dans un verre de cognac avec une cuillère à soupe de sucre en poudre. On verse le café. On ajoute du lait chaud selon le goût.

Irish coffee / Café irlandais

Un certain « café irlandais » que les passagers absorbent à l'escale de Shannon et qui a la propriété de rendre très... optimiste. Dans sa composition, le scotch remplace l'eau bouillante et la crème fraîche déborde de la tasse.

Aviation française, 03 juillet 1946
"Elle apporta les roses d'Air-France à Madame Truman..."

J

Jambin / Jambinet : nom fort probablement normand, à rapprocher -peut-être- de janquin. Le jambinet semble être le café mêlé à de l'eau-de-vie que les travailleurs emportent pour leur journée de travail. Il est étrangement absent de Decorde 1852 et de Bois 1856.

Les différents corps de métiers des villages [...] s'empoisonnent à qui mieux mieux avec le jambin ou jambinet. Cette consommation consiste dans l'addition à une ration ordinaire de café d'un ou deux décilitres d'eau-de-vie, le tout chauffé ensemble à la température voulue.

Contribution à l'étude de l'alcoolisme en Normandie
Paul Leroy - Hérissey 1902.

[...] des buveurs de « jambinet » - dix sous de goutte dans un sou de café - [...]

Le Petit Journal, 10 mai 1919
"Le flair agricole" de Roger Régis.

Jacquin / Jaquin / Janquin / Jeanquin : cf Bistouille.

Jean-Quin, café auquel on ajoute un peu d'eau-de-vie et de sucre. Vers 1825, le nommé Jean-Quin, de Neslette, garde de M. de Richemont, passant par Bettencourt, prés de Blangy, entra au café du père Desmoulins, surnommé la Queue-Blanche ; il se fit servir pour un sou de café, un sou d'eau-de-vie et un peu de sucre ; il mêla le tout ensemble, et, comme on lui demandait le nom de ce mélange, il répondit : Appelez-le comme moi Jean-Quin. A partir de là, le Jean-Quin devint en renom, et aujourd'hui il en est fait une grande consommation. Les cafetiers assurent qu'il y a peu de profit pour eux à préparer cette liqueur, le Jean-Quin ne se vendant que dix centimes ; mais nous pensons qu'ils se dédommagent sur les libations qui viennent à la suite, sous le nom de goutte, petit-verre, rincette, rinçurette, coup-d'adieu, coup-de-bout, coup-de-cachoir, coup-d'à-cheval, coup-d'étrier, etc.

Dictionnaire du patois du pays de Bray
Abbé Decorde - Paris 1852.

Jean-Quin : mélange de café, de sucre et d'eau-de-vie. Voir sur l'origine de ce mot le Dict. de M. l'abbé Decorde.

Glossaire du patois normand
Louis du Bois - Caen 1856.

Jeanquin, n. m. — Nous empruntons à l'abbé Decorde la définition et l'histoire de ce mot : « Vers 1825, le nommé Jean-Quin, de Neslette, garde de M. de Richemont, passant par Bouttencourt, près de Blangy, entra au café du père Desmoulins, surnommé la Queue-Blanche ; il se fit servir pour un sou de café, un sou d'eau-de-vie, et un peu de sucre ; il mêla le tout ensemble, et, comme on lui demandait le nom de ce mélange, il répondit « Appelez-le comme moi, Jean-Quin. » A partir de là, le jeanquin devint en renom.
Les denrées ayant augmenté beaucoup depuis cette époque, le jeanquin est passé de mode, et puis on est beaucoup moins sobre que le bonhomme Jean-Quin. Il faut aujourd'hui la tasse de café bien pleine, avec le bain-de-pied, sans compter le carafon d'eau-de-vie, ce que l'on ne peut pas donner pour deux sous.

Glossaire de la vallée d'Yères
Delboulle - Brenier & C° 1876.

Jaquin. Subst. masc. Dans le Ponthieu et la Normandie on dit janquin. Petite tasse de café qu'on sert d'ordinaire sans soucoupe et qui ne coûte que quinze ou vingt centimes avec le sucre et le petit verre d'eau-de-vie. On l'appelle aussi quiot (petit) pot, et, selon les localités bayonnette, bistoule, etc. Je lis dans l'Annuaire d'Abbeville (1887) :
« Après qu'os (que nous) ons len (avons eu) reprins (repris) un nouvieu janquin et pis quéques (quelques) rinchurettes... »
Voici d'après l'abbé Decorde l'origine de la chose et du nom. « Vers 1825, le nommé Jean Quin (de Neslette, canton d'Oisemont), garde particulier de M. de RIchemont, passant par Bouttencourt, près de Blangny, entra au Café du père Desmoulins surnommé la Queue Blanche, et se fit servir pour un sou de café, un sou d'eau-de-vie et un peu de sucre. Il mêla le tout ensemble, et, comme on lui demandait le nom de ce mélange, il répondit : « Appelez le comme moi Jean Quin. » (Dict. du pat. du pays de Bray.)
Cette explication, bien que fort spirituelle, ne me satisfait nullement. Je la donne pourtant. Si elle n'instruit pas le lecteur, elle l'amusera : c'est un mérite qui en vaut bien un autre.

Études pour servir à un glossaire étymologique du patois Picard
Jouancoux et Duvauchelle - 2e partie - Jeunet 1890.

Joubjeot

Joubjeot, s. m. (Orne) Tasse de café.

Dictionnaire du patois normand
Édélestand et Duméril - Mancel, 1849.

joubibot ; joubjeot : tasse de café. De joué : guère, et de bibere : boire. O.

Glossaire du patois normand
Louis du Bois - Caen, 1856.

K

L

Lard (Café/Kahouah au) : café mélangé à de l'absinthe. Voir à Bistrouille.

En Afrique, ou plutôt en Algérie, les troubades remplacent l'eau-de-vie par l'absinthe : c'est ce que l'on appelle le café au lard, c'est délicieux !!!
Avis aux amateurs de bistrouille, bistrouillette et de café au lard !

L'Écho du public, 27 octobre 1900
article de R. Rongé.

- Café additionné d'un petit verre d'absinthe.
Kahouah au lard.
« Avant de partir vendre son papelard, l'Aigle s'enfonçait un bon Kahouah au lard. »

Dictionnaire Français=Argot
Aristide Bruant - Flammarion 1905.

Les raffinés demandent :
- Un café au lard.
C'est le café additionné d'absinthe pure !

Marchands de folie
Léon et Maurice Bonneff - Rivière & Cie 1913.

M

Manon : abusivement (?) associé à jacquin, bistoule...

Manon. Subst. masc. Je n'ai jamais entendu ce mot. Je le te trouve dans Corblet au sens de café extrêmement léger, et je suppose qu'il est un des nombreux synonymes de jacquin, bistoule, quiot pot, etc., tasse de café.

Études pour servir à un glossaire étymologique du patois Picard
Jouancoux et Duvauchelle - 2e partie - Jeunet 1890.

Mazagran : bien que servi dans une chope ou un verre, le mazagran est sans eau-de-vie ! Il désigne aussi un café allongé. Issu probablement du nom de la ville éponyme d'Algérie, il désignera ensuite un contenant profond en porcelaine épaisse, en grès ou en faïence.

s. m. Café froid à l'eau de Seltz, — dans l'argot des garçons de café. Se dit aussi de tout café, chaud ou froid, servi dans une chope, sans eau-de-vie, au lieu de l'être dans une tasse.

Dictionnaire de la langue verte
Delvaux - 2e éd. - Dentu 1866

Café servi dans un verre ; une aberration de buvaillons de café, qui lui enlèvent ainsi sa principale qualité : l'arome. Ce sont les officiers, retour d'Afrique, qui ont importé cette mode.

Dictionnaire du jargon parisien
Lucien Rigaud - Ollendorff 1878.

Mazagran, mot donné, en 1840, à une nouvelle manière de servir le café, en l'honneur de la belle de [sic] défense du blockhaus de Mazagran (près de Mostaganem), qui avait eu lieu cette même année.

Dictionnaire étymologique et explicatif de la langue française
Charles Toubin - Leroux, 1886.

Mazagran, m. (general), coffee served up in a glass at cafés, or mixture of coffee and water

Argot and Slang
Barrère - London 1887.

s.m. Café servi dans un verre. Cette expression date de 1840, en l'honneur de la défense du blockhaus de Mazagran qui eut lieu cette même année.

Dictionnaire Argot-Français & Français-Argot
Georges Delesalle - Ollendorff 1896.

Mazagran, s. m. - Café.

Glossaire étymologique et historique des patois et des parlers de l'Anjou
Verrier & Onillon - tome 2 - Germain & G.Grassin 1908.

Mêlé (un) : voir Amélioré. Attention, ne pas confondre avec l'apocope de mêlécasse, verre de cassis mêlé d'eau-de-vie.

Micamau / Micameau / Micamo : intéressant de noter les étymologies proposées pour ce mot

Le café à 2 sous s'y nomme micamau, et se fait avec du marc et de la chicorée ; il est à noter qu'au café se trouve mêlé le verre d'eau-de-vie.

Annuaire des Côtes-du-Nord, Saint-Brieux 1848

De la main qui lui restait libre, elle but un quatrième coup de micamo [...]

Le jeu de la mort
Paul Féval - Meline, Cans et compagnie 1850

Micamot, s. m. (Orne) Tasse de café.

Dictionnaire du patois normand
Édélestand et Duméril - Mancel 1849

Camo : tasse de café. Mi-camo : demi-tasse.
[...]
Micamau (s. f.) : mélange de café et d'eau-de-vie.

Glossaire du patois normand
Louis du Bois - Caen 1856.

Elle, après avoir bu une mocque de micamo, est remontée à cheval pour revenir chez son père.
[...]
Chez eux, le jour même du mariage, s'installera un cafetier qui fournira, pour dix centimes la tasse, le micamo, dont sont si friands les Bretons.

La Mosaïque, 1874
"Scénes de moeurs - Une noce en Bretagne" par M. de Sennepin.

Ce qui est encore très avanchin, c'est un autre terme de beuverie : micamot (demi-camot, primit. ?) demi-tasse de café, mot où l'on distingue mi, demi, et moque, tasse, sans qu'on voie bien l'union de ces deux élèments.

Revue de l'Avranchin
tome III - Avranches 1886.

M.Launay, prof. d'hist. au Lycée Janson de Sailly, substitue dans une lettre mi-sérieuse et mi-facétieuse, à notre étym. de micamo, la sienne propre, et voit moka dans ce mot qu'il a lu « Au petit mimoka » sur une enseigne, à Laval, et il retourne ce mot en mikamo. Notre etym. était hasardée, la sienne ne l'est pas moins : la bonne reste à trouver.

Revue de l'Avranchin
tome IV - Avranches 1888.

Micamo, s. m., café mélangé de lait et d'eau-de-vie. Ce mot fut prononcé vers 1820, dans un prône, par l'abbé Percevaux, curé de Saint-Etienne de Rennes, et fit fortune, car il est toujours populaire. L'abbé Percevaux infligeait un blâme énergique à ces femmes du peuple qui passent de longues heures dans les cafés à boire leur micamo ; (il est vrai qu'elles en sont très friandes). Ce jour-là le mot fut admis dans le vocabulaire rennais, et on dit toujours dans les cafoins de la ville : le micamo de M. Percevaux. Cet excellent curé me devra peut-être d'avoir transmis son nom à la postérité... la plus reculée (!!...)

Dictionnaire des locutions du bon pays de Rennes-en-Bretagne
H. Coulabin - Caillière 1891.

[...] et à payer du micamo, c'est-à-dire du café « salé avec de l'eau-de-vie », [...]

La légende de la mort en Basse-Bretagne
Anatole Le Braz - "L'histoire du maréchal-ferrant" - Champion 1893

Mikamo « micamo ». - Tasse de café.

Le parler et les traditions populaires de Gennes-sur-Seiche
Charles Fougères - Annales de la Bretagne tome XI - novembre 1895

Micamo s. m. - Tasse de mauvais café avec eau-de-vie. - De même Ille-et-Vil., Orain. Syn. Cafeton.

Glossaire étymologique et historique des patois et des parlers de l'Anjou
Verrier & Onillon - tome 2 - Germain & G.Grassin 1908.

*Mic (ou micamo(1)), n. m., tasse de café.
A Dol, le mic se distingue du café en ce qu'il se sert sucré et sans soucoupe.
= (?) Apocope de micmac. mélange. = Duméril : micamot. tasse de café. peut-être pour mi-moka (demi-moka).
V. Coulabin. verbo : micamo.

(1) En Basse-Bretagne, on appelle micamo « le café salé avec de l'eau-de-vie » (A. Le Braz, La légende de la Mort, I, 164).

Le parler dolois
Lecomte - Champion 1910.

C'est à une tendance analogue qu'on est redevable du mot micameau, gloria, tasse de café mélangée d'eau-de-vie, terme fréquent dans les parlers de l'Ouest (Bretagne, Anjou, Mayenne3) : il résulte de la fusion des mots mi-ca (fé) mi-eau [...]
3. « Micameau... Mot connu dans le Bas-Maine depuis 1830 » (Dottin).

Le langage parisien au XIXe siècle
L. Sainéan - Boccard 1920.

N

Nègre : autre nom du Gloria.

NOIR, S. m. Café noir, — dans l'argot des voyous. Ils disent aussi Nègre pour un gloria, et Négresse pour une demi-tasse

Dictionnaire de la langue verte
Delvaux - 2e éd. - Dentu 1866

O

P

Petit café : cf Demi café.

Petit pot : cf Bistrouille.

Petit sou : café à un sou mélangé à une quantité de "sous" d'eau-de-vie. Il semble qu'en Bretagne, il s'agisse d'un autre mélange (voir infra).

En descendant ainsi vers la rue de Normandie et le quartier de Graville, ils aperçurent des matelots qui, debout, devant le zinc d'un café, prenaient un déjeuner sommaire : gros morceau de pain et « petit sou », c'est-à-dire mauvais café arrosé d'eau-de-vie encore pire.

Le Petit Champenois, 13 décembre 1911
"Odette Gautier" de Jean de la Hève.

Et ils absorbent enfin l'indispensable petit sou, la spécialité rouennaise. C'est un sou de café additionné d'un nombre indéterminé de « petits sous » d'alcool. A un « sou de café » on ajoute couramment jusqu'à 40 centimes d'eau-de-vie.
[...]
L'heure du « petit sou » est enfin revenue. On entend lancer à tue-tête les commandes :
- Un et deux de quarante !
- Un et quatre de quarante !
- Un et huit, et dix de quarante !
Ce qui veut dire :
- Un sou de café et deux sous d'eau-de-vie à quarante sous le litre.
- Un sou de café et huit sous et dix sous d'eau-de-vie...

Marchands de folie
Léon et Maurice Bonneff - Rivière & Cie 1913.

Nous sommes dans le boccage [sic] normand, c'est le pays du « sou de café ». Il faut donc, en principe, considérer qu'aucune conversation ne doit être tenue sans en « prendre pour un petit sou », autrement dit sans déguster une tasse de café bien arrosé avec de la « vieille », c'est-à-dire avec de l'eau-de-vie de cidre ayant quelques années d'existence.

L'Oeuvre, 17 juin 1934
"Les chères odeurs de la cuisine" de P. F.

Là, appuyant solidement leurs bras sur les tables, le petit « sou de café » - c'est-à-dire un sou de café et dix-neuf de « calva » - [...]

Le Journal, 30 octobre 1934
"La grande pitié du paus d'Auge où les pommes faute d'acheteurs sont données aux cochons" de Jean Pédron.

Ceux qui ont travaillé hier vont sur le zinc déguster le traditionnel « petit sou » - un doigt de café, trois de calva.

Le Prolétaire normand, 18 janvier 1935
"On ne 'cherche' plus du travail... on le 'mendie'..." de J. Max.

image extraite de la BD

Les Récits de la jeunesse, 01 octobre 1911
"Trombine contre Zanzi" par Nadal.

Lesperon, en tant que Breton, savait ce que c'était qu'un petit sou de café. Pour ceux qui l'ignorent, cela consiste à remplir à demi une bolée de cidre bouillant, et de la tiédir en versant ras le bord de l'eau-de-vie de pommes.

Le Matin, 22 juillet 1924
"Le nord qui tue" d'André Armandy.

Petit-verre

Pisser le mouton (faire)

Songez donc que les laveuses du moulin à paroles se cotisent pour aller, à un sou par tête, faire pisser le mouton, entendez : boire une larme de café dans beaucoup de goutte.

Glossaire étymologique et historique des patois et des parlers de l'Anjou
Verrier & Onillon - tome 2 - Germain & G.Grassin 1908.

Postillon : Autre nom du Jambinet.

Après avoir été longtemps le privilège des conducteurs de diligence, de là son nom assez caractéristique de « postillon », cette consommation a pénétré dans les habitudes des paysans et surtout des rouliers, des charretiers, des voyageurs, en un mot de ceux qui ne peuvent faire qu'un court séjour dans le cabaret. On l'appelle en général postillon ou jambinet. Elle consiste dans l'addition à une ration ordinaire de café, d'un et souvent de deux décilitres d'eau-de-vie, le tout chauffé ensemble à la température voulue.

De l'alcoolisme dans la Seine-Inférieure
Tourdot - Bulletin de la société française de tempérance 1887.

Pousse-café : eau-de-vie, rhum ou cognac pris après le café mais plus trop souvent avec...

A la rincette succède la surrincette, qui est suivie du pousse-café. Quand le pousse-café est bu, on dit : « Nous allons boire une goutte d'eau-de-vie, » et on en boit plusieurs gouttes.

La Famille Alain
Alphonse Karr - tome 1 - Meline, Cans et Cie 1847.

Petit verre de cognac pris après le café. Il peut être suivi de la rincette et de la surrincette, qui ont individuellement la même signification.

Les excentricités du langage français
Larchey - 2e éd - 1861.

S. f. Petit verre d'eau-de-vie ou de rhum pris après le café,- dans l'argot des bourgeois.

Dictionnaire de la langue verte
Delvaux - 2e éd. - Dentu 1866.

Petit verre de cognac pris après le café. — « Ensuite nous avons pris le café le pousse-café, le repousse-café. » (Voizo.)

Le dictionnaire de l'argot parisien
Larchey - 6e éd. - 1872.

Pousse-café, m. (familiar), a small glass of brandy or liqueur drunk after taking coffee, le repousse-café being a second glass.

Argot and Slang
Barrère - London 1887.

s.m. Petit verre d'eau-de-vie après le café.

Dictionnaire Argot-Français & Français-Argot
Georges Delesalle - Ollendorff 1896.

s. m. - Verre d'eau-de-vie que l'on ajoute au café. Il y a ensuite la Rincette, la Sur-Rincette, etc., etc. C'est n'est plus du café à l'eau-de-vie ; c'est de l'eau-de-vie au café. On dit aussi Bain de pied, parce que le liquide, débordant la tasse, baigne le pied de celle-ci, en se répandant dans la soucoupe. || Lg. - Pousse-café de la Renaudière. - verre de vin blanc.
N. - Je ne puis affirmer qu'il s'agisse de la commune de ce nom. Il y a, au Lg., une ferme ainsi nommée.

Glossaire étymologique et historique des patois et des parlers de l'Anjou
Verrier & Onillon - tome 2 - Germain & G.Grassin 1908.

Pousse-tout

Nous étions à prendre le café avec tout son accompagnement, c'est-à-dire le gloria, la rincette, la sous-rincette et le pousse-tout [...]

Courrier de Tarn-et-Garonne, 14 novembre 1849
"Le Manuscrit rouge, mémoires autobiographiques d'un condamné à mort".

Poussette : possible synonyme de pousse-café.

A la fin d'un repas, l'usage veut que les convives prennent le café, le pousse-café, la poussette, la rincette et la sur-rincette.

Musée des familles, "Voyage en France. Normandie"
Amédée Achard - novembre 1854.

Q

R

Réchauffé (café) : tasse de café que l'on "réchauffe" régulièrement en y ajoutant de l'alcool, diminuant d'autant la proportion de café.

Habituellement voici ce qui se passe : une première gorgée de café bue, une main d'acier comble le vide de la tasse avec de l'eau-de-vie pour en « réchauffer » le contenu [...]
[...] en dehors du café « réchauffé », comme nous l'avons dit plus haut [...]

De l'alcoolisme dans la Seine-Inférieure
Tourdot - Bulletin de la société française de tempérance - 1887.

Repousse-café : voir à Pousse-café.

Rerincette : seconde rincette. Voir à Bistrouille, Rincette, Surrincette.

Rikiki / Riquiqui / Requiqui

[...] faites-moi donner un verre de riquiqui [...]

Lettre de Rabelais, ci-devant curé de Meudon [...]
1790.

On dit que la citerne de la liste civile a deux robinets par où s'écoule la pluie d'or ; l'un est pour étancher la soif des ci-devant princes, marquis, comtes et barons aristocrates, qui, tout hydrophobes qu'ils sont, ne laissent pas que de bien avaler le royal riquiqui.

Annales patriotiques et littéraires de la France, 16 juillet 1791.

[...] la visite des vins, bières, cidres, Rikiki de la lune, liqueurs de toute espèce, mises en vente dans les cabarets, tavernes, etc ; [...]

La Constitution de la lune, rêve politique et moral
Cousin-Jacques (Louis Abel Beffroy de Reigny) - 2e éd. - Froullé, 1793.

Buvez du ratafia d'Orléans et du riquiqui, et souvenez-vous que le plus vieux est le meilleur : ce dicton étoit dans toutes les bouches.

Le Nouveau Paris
Louis-Sébastien Mercier - vol. 2 - Paris, 1797 (1798 ?).

Riquiqui, liqueur faite de café, d'eau-de-vie et de sucre. V. gloria. Dans le Bas-Limousin on nomme riquiqui toute liqueur qui se prend après le repas. Peut-être est-ce de là que ce mot nous est venu.

Dictionnaire rouchi-français
Hécart - 3e éd. - Lemaitre 1834.

Ainsi, si l'on voulait trouver des preuves philologiques de la présence des Arabes dans les Gaules Méridionales, on en verrait d'incontestables témoignages dans :
1° Le mot Rikiki, qui sert à désigner toute liqueur forte, parce que les Arabes appellent Kiki le plama christi, le kikajou de Jonas, dont la traduction a donné lieu à tant de logomachies.

Histoire littéraire philologique et bibliographique des patois
Claude Charles Pierquin de Gembloux - Techner, 1841.

Eau-de-vie de vin. [...] Celle de Montpellier et de l'Hérault, qu'on nomme 3/6 dans le commerce et rikiki dans le pays même, est plus malsaine et moins agréable.

Notions d'hygiène pratique
Isidore Bourdon - Hachette, 1844.

REQUIQUI, s. m. (requiqui) ; requiqui.
On donne ce nom, dans le style familier, à la liqueur ou à l'eau-de-vie qu'on prend après le repas.
[...]
RIQUIQUI, V. Requiqui.

Dictionnaire Provençal-Français
Honnorat - tome 2 P-Z - Digne, 1847.

Rikiki. Eau-de-vie, liqueur. Syn. Fil en trois, sacré-chien.

Glossaire étymologique et comparatif du patois picard ancien et moderne
Corblet - Paris 1851

rikiki (un coup de), un verre de liqueur. P.

Dictionnaire du patois du pays de Bray
Abbé Decorde - Paris 1852.
(P désigne la Picardie)

Riquiqui s. m. On appelle ainsi la liqueur ou le bran de vin que l'on prend après le repas : "Aimez-vous le riquiqui ?" - En limousin on dit requiqui. (Voy. Goutte et Rincette.)

Glossaire du Centre de la France
Jaubert - vol.2 - Napoléon Chaix et Cie 1858.

Rikiki (Segr.), s. m. - Liqueur, eau-de-vie. Syn. de Fil-en-trois, sacré-chien. [...] - V.Riquiqui

Glossaire étymologique et historique des patois et des parlers de l'Anjou
Verrier & Onillon - tome 2 - Germain & G.Grassin, 1908.

Riquiqui (Mj., Lg., By.), s. m. [...] Eau-de-vie. Un verre de riquiqui.

Glossaire étymologique et historique des patois et des parlers de l'Anjou
Verrier & Onillon - tome 2 - Germain & G.Grassin, 1908.

Rincelette

Mais les gens « comme il faut les » les « clients » ont à leur disposition le gros carafon qui leur permet par des « rincelettes » successives de doubler et de tripler les 5 centilitres primitifs. L'addition d'eau-de-vie finit par être telle que le café perd sa couleur en prenant du montant et que, finalement, il ne reste plus que de l'alcool dans la tasse [...]

Le Péril alcoolique - L'alcoolisme chez les alinénés
J.Toy - Bulletin de la société d'anthropologie de Lyon, tome 18 1899.

Rincelette (Lg.), s. f. - Petite quantité d'eau-de-vie que l'on ajoute au café. Syn. de Rincette.

Glossaire étymologique et historique des patois et des parlers de l'Anjou
Verrier & Onillon - tome 2 - Germain & G.Grassin 1908.

Rincette / rinchette / rinçonnette : "rinçage" de la tasse avec de l'alcool après y avoir bu le café. voir aussi Bistoule.

On absorbe le gloria gris presque entièrement ; après quoi on remplit la tasse d'eau-de-vie, et on la vide sous le nom de rincette.

La Famille Alain
Alphonse Karr - tome 1 - Meline, Cans et Cie 1847.

Rincette. Dernier verre d'eau-de-vie qu'on met dans le café, pour rincer la tasse.

Glossaire étymologique et comparatif du patois picard ancien et moderne
Corblet - Paris 1851

Rinchette, verre d'eau-de-vie qu'on prend après le café.

Dictionnaire du patois du pays de Bray
Abbé Decorde - Paris 1852.

Rincette ; Rinchette : verre d'eau-de-vie ou de liqueur qu'on prend après le café.

Glossaire du patois normand
Louis du Bois - Caen 1856.

Rincette, rinçonnette s. f. Petit verre d'eau-de-vie, de liqueur par laquelle on termine un repas.
Les habitués de cafés de bas étage se font servir, après la demi-tasse de café, un premier verre d'eau-de-vie dit pousse-café avec le bain de pied, c'est-à-dire que la liqueur déborde et retombe sur le pied du verre dans sa petite soucoupe ; puis un second verre dit rincette, enfin un troisième, dit surrincette. (Voy. Gloria.) - On chante, dans l'Ouest, la chanson de la rinçonnette.
  A ta santé, mon compagnon
  La verdurette, la verduron, etc.
  Encore un petit gouspillon, etc.
    Et puis après rasette.
    La verduron, durette, etc.
    Et puis la rinçonnette, etc.

Glossaire du Centre de la France
Jaubert - vol.2 - Napoléon Chaix et Cie 1858.

Petit verre d'eau-de-vie versé dans la demi-tasse où l'on vient de boire le café. Le second verre s'appelle surrincette.

Le dictionnaire de l'argot parisien
Larchey - 6e éd. - 1872.

Rincette, Rinchette, n. f. - Verre d'eau-de-vie qu'on prend après le café pour rincer sa tasse. Après la rincette vient la rinchurette : après la rinchurette le coup d'adieu, et après ce dernier le coup de cachoire.

Glossaire de la vallée d'Yères
Delboulle - Brenier & C° 1876.

Rincette, s. f. - Dernier verre d'eau-de-vie qu'on met dans le café pour rincer la tasse ; de l'allemand reinigen, purifier : 1° Un pousse-café et le bain-de-pied ; 2° une rincette ; 3° pousse-rincette ; 4° le fil en trois ; 5° un sacré-chien. A chaque petit verre de liqueur, le suifeur prononce ces dénominations.

Glossaire angevin étymologique comparé avec différents dialectes
Ménière - "Mémoires de la société académique de Maine-et-Loire"
tome XXXVI - Lachèse et Dolbeau 1881.

R'linçotte (r'lin-sot') s. f. rincette. Orig. r'linsé. Epinal « rinçonnette » petite goutte prise après le café.

s.f. Eau-de-vie versée dans la tasse où l'on a pris le café (elle la rince).

Dictionnaire Argot-Français & Français-Argot
Georges Delesalle - Ollendorff 1896.

Rincette (Mj., By.), s. f. - Goutte d'eau-de-vie , ordinairement sucrée, que l'on prend après le café dans la tasse même où on l'a bu. Syn. de Rincelette. || Menière donne les étapes suivantes : 1° un pousse-café et le bain de pied ; 2° une rincette ; 3° pousse-rincette ; 4° le fil-en-trois : 5° un sacré chien. A chaque petit verre de liqueur, le buveur prononce ces dénominations. - A Mj. il y la Rincette, la Surrincette et Rincincinette.

Glossaire étymologique et historique des patois et des parlers de l'Anjou
Verrier & Onillon - tome 2 - Germain & G.Grassin 1908.

Rinchurette / rinçurette : suite ou synonyme de la Rinchette.

Rinchurette. - synonyme : Rincette.

Glossaire étymologique et comparatif du patois picard ancien et moderne
Corblet - Paris 1851

Rinchurette, verre d'eau-de-vie qui vient après la rinchette.

Dictionnaire du patois du pays de Bray
Abbé Decorde - Paris, 1852.

Rinchurette : verre qu'on prend après la rinchette.

Glossaire du patois normand
Louis du Bois - Caen, 1856.

Rinçure

Rocobis : café et eau-de-vie.

[...] et qu'elles se sont refusées à admettre qu'un « rocobis » (café et eau-de-vie) qu'une « demoiselle » (verre d'eau-de-vie) pouvaient nuire à la santé ?

L'alcool, 01 février 1898
"Une Campagne dans un asile d'aliénes contre les habitudes alcooliques" par Déricq.

Rogomme / Rôgomme

Malgré tes compagnes,
Cherchant le trépas,
J'ai fait deux compagnes
Pour suivre tes pas.
Digne de la pomme
Je vis sous ta loy,
Et jamais Rôgomme
Ne fut bû sans toi.

Mercure de France, 01 décembre 1735
"Adieux de M. de la Tulipe, Soldat aux Gardes, à Melle Catau. Sur l'Air, La verte jeunesse qui tourne, etc.

Roquille : équivalent de topette en tant que contenant.

Mais l'emploi le plus usité du mot roquille était dans cette express., boire une roquille, comme on dit boire un canon. Le mot s'appliquait parfois au vin, mais le plus souvent à l'eau-de-vie. Boire une roquille d'eau-de-vie, c'était boire à deux chacun son petit verre d'eau-de-vie et même plus, car les petits verres en ce temps, étaient fort grands.

Dictionnaire étymologique du patois lyonnais
Nizier du Puitspelu (pseud. de Clair Tisseur) - Henri Georg 1887.

Royal (café)

Rüdesheimer Kaffe : création en 1957. Composé de café, eau-de-vie et crème fouettée. Provient de Rüdesheim.

S

Sacré chien / Sacré-chien : autre nom du fil en trois, nom angevin.

Rikiki. Eau-de-vie, liqueur. Syn. Fil en trois, sacré-chien.

Glossaire étymologique et comparatif du patois picard ancien et moderne
Corblet - Paris 1851

Sacré-Chien, s. m. - Fil en trois, cognac qu'on prend après le café, espèce de riquiqui.

Glossaire angevin étymologique comparé avec différents dialectes
Ménière - "Mémoires de la société académique de Maine-et-Loire", tome XXXVI
Lachèse et Dolbeau 1881.

Rikiki (Segr.), s. m. - Liqueur, eau-de-vie. Syn. de Fil-en-trois, sacré-chien. [...] - V.Riquiqui

Glossaire étymologique et historique des patois et des parlers de l'Anjou
Verrier & Onillon - tome 2 - Germain & G.Grassin 1908.

Schnaps

Schnaps, m. (popular), brandy.
See Tord-boyaux.
Et surtout n'oubliez pas le café avec le schnaps. - Mahalin.

Argot and Slang
Barrère - London 1887.

Schnick

Je me rappelle qu'un soir, je reçus un coup de pied de cheval ; on me donna un verre de Schnick (I) [...]
(i) Espèce d'eau-de-vie dont on fait usage dans quelques endroits d'Allemagne.

L'Enfant du Carême
Fléché et Bernard - tome 1, Paris, 1803.

Les cris du commandement se mêlent et se croisent ; des cantinières, des marchandes en plein vent versent le café et le « schnick » aux défenseurs de la patrie.

Le Rappel, 10 octobre 1870.
"Nos jardins publics" de Camille Pelletan.

Ferrando s'était chargé de l'achat des comestibles, et de l'indispensable flacon de schnick-pousse-café.

La Chasse illustrée, 06 janvier 1872.

Schnick, s. m., liqueur forte, en général. En verre de schnick. En Rouchi, mot ch'nique signifie : eau-de-vie de genièvre (Gr., 238).

Le patois boulonnais
chanoine D. Haigneré - Boulogne-sur-Mer 1903.

Sellé bridé (café)

[...] dans le pays, ce qu'on appelle un bon café, un « café sellé et bridé », un café « carabiné » se compose d'une tasse ordinaire de café à laquelle on a ajouté un setier d'eau-de-vie (20 centilitres).

Le Péril alcoolique - L'alcoolisme chez les alinénés
J.Toy - Bulletin de la société d'anthropologie de Lyon, tome 18 1899.

- Ça va ! ça va ! c'est moi le plus malade. Je viens de prendre de la tisane : une tasse de café, sellé bridé.

Contes de la Beauce et du Perche
Filleul Petigny - Revue des traditions populaires, tome XV, n° 6-7, juin-juillet 1900.

Sellé (Mj.), part. pas. - Café sellé, bridé, - avec tous les condiments requis.

Glossaire étymologique et historique des patois et des parlers de l'Anjou
Verrier & Onillon - tome 2 - Germain & G.Grassin 1908.

Sou de café

Le « sou de café » comprenant une « pierre » de sucre et ce qu'il faut de café pour le faire fondre, plus 5 centilitres d'eau-de-vie est vendu 15 centimes.

Le Péril alcoolique - L'alcoolisme chez les alinénés
J.Toy - Bulletin de la société d'anthropologie de Lyon, tome 18 1899.

Sous-rincette

Nous étions à prendre le café avec tout son accompagnement, c'est-à-dire le gloria, la rincette, la sous-rincette et le pousse-tout [...]

Courrier de Tarn-et-Garonne, 14 novembre 1849
"Le Manuscrit rouge, mémoires autobiographiques d'un condamné à mort".

Cela se passait-il sous le coup de la « sous-rincette », après un copieux dîner [...]

L'Express du Midi, 21 septembre 1892
"Chronique régionale - Gaillac".

Surrincette / Sur-rincette : seconde rincette. voir à Rerincette, Rincette.

A la rincette succède la surrincette, qui est suivie du pousse-café.

La Famille Alain
Alphonse Karr - tome 1 - Meline, Cans et Cie 1847.

Surrincette (Mj., By.), s. f. - Seconde rincette, 2e rasade d'eau-de-vie dans une tasse de café. Syn. de Pousse-rincette.

Glossaire étymologique et historique des patois et des parlers de l'Anjou
Verrier & Onillon - tome 2 - Germain & G.Grassin 1908.

T

Topete / Topette / Tôpette / Taupette : désigne au départ une petite bouteille utilisée en pharmacie. Elle servira ensuite à désigner une petite bouteille de la même contenance, utilisée comme flasque. -petite bouteille de 25cl dans laquelle le mineur du Nord de la France avait l'habitude de se préparer une bistoule à emporter. (réf : "Nous, Ouvriers" de Claire Feinstein et Gilles Perez)-

[...] Fais porter du rogomme ; on boira dans la rue.
LE LIMONDADIER, tirant une topete de la poche

Momus, courrier
Mr M*** (Thomas Rousseau) - Bordeaux ,1765.

Le jour étant venu à paraître, il y eut une trève entre les deux héros, & Grimou voulut la signer au Café, où il avala quelques topettes de liqueur, tandis que son adversaire prenait prudemment quelques tasses de café.

Anecdotes des beaux-arts
Nougaret - tome II - Bastien 1786.
transcrit en français moderne

Tôpette (Mj., By.), s. f. - Petit flacon dans lequel les aubergistes servent le pousse-café. Dimin. de Tôpe, dame-jeanne. - Elle est graduée. - V. Tôper, Tôpe !

Glossaire étymologique et historique des patois et des parlers de l'Anjou
Verrier & Onillon - tome 2 - Germain & G.Grassin 1908.

Taupette, n. f., petit carafon à eau-de-vie.
= MM. Jaubert et Martellière (ce dernier dans l'Intermédiaire, XXXIII, 469) écrivent topette et rapprochent ce mot de l'anglais to tope, trinquer. Il nous parait plus conforme à la semantique de le rapprocher du vieux mot de la langue d'oil, topin, pot, que Bos dérive de l'allemand topf, même sens.
|| Patois normand, Vendômois : topette, petite bouteille ; Languedoc : topi, pot ; Verrier : tope, bouteille.

Le parler dolois
Lecomte - Champion 1910.

U

Un deux : un sou de café, deux sous d'eau-de-vie.

Au comptoir, les paroles consacrées sont : « un deux », cela veut dire un sou de café et deux sous d'eau-de-vie.

De l'alcoolisme dans la Seine-Inférieure
Tourdot - Bulletin de la société française de tempérance - 1887.

V

Viennois (café)

Il prenait beaucoup de café en jurant contre la platitude du café viennois.

Le Château des Désertes
Georges Sand - Lévy, 1851.

On avait perdu l'habitude de manger. On se privait de toutes les gâteries viennoises. Elles sont retrouvées, et les viandes pannées au Wienerschnitzel, et les entremets sucrés au Mehlspeisen et le café viennois recouvert de Chantilly.

Bulletin de la Société de géographie de Lille, 1924.
"Vienne et la nouvelle Autriche" de Michel Lhéritier.

ADIEU AU CAFÉ VIENNOIS...
Une des gloires de Vienne était son café-crème : le fameux café viennois, le « Schlagobers », café couronné d'une onctueuse couche de crème fouettée.
Las ! Vienne est devenue allemande et, bon gré, mal gré, doit suivre l'autarchie du troisième Reich. Or, le ministre de l'Agriculture et des Approvisionnements vient de décréter que, du 15 septembre au 14 mai, la production de la crème de lait, sous toutes ses formes, y compris, bien entendu, la crème fouettée, sera interdite en Allemagne.
Les Viennois devront s'incliner et renoncer au « Sclagobers » et, si l'envie leur prend d'en déguster quand même ils devront aller dans le territoire des Sudètes, où, temporairement, la vente de la crème de lait est, par faveur, autorisée.

L'Écho d'Alger, 11 novembre 1938.

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